Bee My Baby…

Le 14 février, c’est demain et nous lançons notre nouvelle collection, sous le signe non pas de l’amour, mais de l’amitié avec un grand A.

À l’origine de chaque collection il y a des femmes, des personnalités, des formes, des conquérantes, la tête de Justine, les kilomètres de cheveux d’Alexandra, la sensibilité de Maria, ma grande saucisse de soeur, les fesses de Charlotte, les dents du bonheur de Marilou, les mots de ma tante, les cheveux blonds d’Aurélie, les obsessions seventies de Laure, la fougue de Maeva, la passion pour le léopard de ma mère, la persévérance de Maya, les couleurs de Mai, l’abnégation d’Anne, la joie de vivre de Fanny, le chic drôle de Lily, l’innocence de mes nièces ou bien le rouge à lèvre toujours impeccable de Julie.

Toutes ces femmes qui font mon quotidien, qu’elles le veulent ou non, sont mes inspirations, elles influencent mes dessins, les histoires que j’aime raconter.

Cette collection, finalement, j’ai commencé à y penser quand ma meilleure amie Justine est partie vivre en Italie. Elle est un soleil, conquérante et presque sans peur ! Je la considère comme ma soeur. Nous n’avons pas grandi ensemble, mais il y a tellement de choses qu’elle connait de moi et qu’elle seule sait. Et quand je l’ai rencontrée pour la première fois il y a 8 ans, j’ai eu un coup de foudre, tant elle était étincelante, fragile et drôle. En moins de 5 minutes on était exaspérées par les mêmes choses, et on se lançait des regards complices… Boum c’était fait, les gens autour n’existaient déjà plus. Elle m’a donné envie de manger le monde, et comme aujourd’hui avec l’homme de ma vie, c’est une des personnes qui me poussent et me donnent des ailes par le simple fait de les avoir à mes côtés. Toutes les fois où je n’en ai fait qu’à ma tête en ne voulant pas l’écouter, je l’ai regretté. Justine elle sait, elle a le recul que je n’ai pas sur beaucoup de situations.

Vous pourrez dire qu’elle ressemble à Audrey Hepburn, Natalie Portman ou Keira Knightley mais finalement elle ne ressemble qu’à elle, et comme toutes ces autres femmes qui laissent une émotion inoubliable dans leur sillage. Et je me suis dit que c’était finalement un bon objectif pour imaginer des vêtements, de ne laisser personne indifférent ! De dessiner cette collection en la prenant pour inspiration elle, les abeilles de son enfance et le mimosa de la mienne, les couleurs d’une italie fantasmée et les silhouettes rétro qui nous font chavirer. Et toujours les coupes qui flattent toutes les formes, pour célébrer nos différences.

Vous savez, quand je dessine et que je montre mes croquis à Laure, qui les affine, les corrige, les rend plus justes, j’attends toujours qu’elle me dise: « ça je vois trop Fanny ou Maria avec », ou « cette pièce va devenir ton doudou », ou bien « ça, je le veux dans toutes les couleurs ! ».

C’est comme cela que l’on travaille ! Et puis Maria s’en mêle et vient nous aiguiller sur le tissu que l’on devrait utiliser plutôt qu’un autre, la couleur la plus juste, qui servira au mieux le pourquoi du comment. Elle vient nous rappeler pourquoi nos collections fonctionnent, le fait que nous ne faisons de moins en moins de compromis, que nous essayons de prendre de plus en plus de risques colorés, de dépoussiérer des coupes oubliées, d’inventer des motifs que j’espère uniques.  Chacune des femmes du Studio apporte sa pierre à l’édifice en bataillant pour ses idées, ses convictions. C’est comme une danse, une conversation enflammée, qui m’amuse beaucoup parce que finalement, ce n’est que de la passion. De la passion de toutes pour notre histoire et de chacune pour leur métier.

Et tout cela ne m’appartient plus complètement, cela appartient à toutes ces femmes. Même si je viens jouer les chefs d’orchestre, il n’y a rien qui me rende plus fière que de voir mon équipe excitée par la réception des premières pièces, autant que moi, si ce n’est plus. Tout prend un sens nouveau !

Et je pense qu’aujourd’hui nous proposons plus que de la mode, nous offrons la possibilité de faire. Faire avec un grand F. Si jamais on a du temps, l’envie, la motivation, on pourrait nous aussi réaliser cette jupe adorée dans toutes ses couleurs rêvées. Et ce n’est qu’il y a peu que je me suis dit que finalement, ce n’était pas juste des vêtements, c’était une promesse, la promesse qu’un jour on s’y mettra, ou du moins que l’on essayera, qu’on se lancera dans la couture ou dans sa propre histoire, qu’on quittera tout pour aller vivre dans un autre pays, pour tracer sa route avec ou sans quelqu’un à ses côtés…

Avec le sentiment que l’on ne sera jamais vraiment seule, parce que malgré les distances, ou le quotidien, on sera toujours un peu le « baby de sa Bee »…

Photos Laurence Revol <3, Make up Laurence Maestrello  Merci à toute l’équipe du lemonade studio de rendre tout cela possible et tous ces beaux citrons pour nous avoir prêté leurs visages le temps d’un samedi sous la pluie !